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    Lectures, confettis et come back

    Je vais faire comme si je n’étais pas la pire blogueuse de tous les temps et revenir des mois plus tard avec l’intime conviction que je vais vous passionner avec mes aventures délirantes d’étudiante – qui, de plus, est une formidable poète en marge de la société, constatez les fabuleuses rimes dès la fin de la première phrase – émotion. Certes je ne vais pas vous raconter ce qu’il s’est passé dans ma vie ces derniers mois sinon cet article sera sûrement aussi long que mon cours sur la littérature du XXème siècle. Ceci dit il y a certains éléments que je me dois de vous faire part même si en soit cela ne contribue pas à l’avancé de nos recherches sur l’être humain, le monde et ses nouveautés, – car comme vous avez pu le voir ce blog est plein de sens, d’utilité et de philosophie – je reviendrai donc à mes inepties mais plus tard. Voilà. Il est 11h22, je pars pour ma campagne auvergnate – en effet Clermont aux yeux de bon nombre de français peut être considérée comme la campagne – dans deux heures, j’ai donc décidé de mettre ce temps à profit pour vous rédiger un délicieux article sur mes découvertes littéraires, article qui, par ailleurs, se trouve être le premier de la catégorie « culture ». Champagne. Confettis. Marseillaise.

    Vers la beauté – David Foenkinos

    Antoine Durris quitte sa ville, son emploi, ses amis et sa famille du jour au lendemain. De professeur admiré aux Beaux Arts de Lyon il devient gardien de musée à Orsay. Son unique envie : passer ses journées aux milieux des tableaux, surtout celui de Jeanne Hebuterne de Modigliani. Pourquoi un changement si radical ? Pourquoi vouloir ainsi se couper du monde ? Ainsi va t-on le découvrir au fil des pages, animé par cette force lumineuse qui nous tient, du début à la fin.

    Un roman qui m’a transcendé – oui carrément – je l’ai lu en deux jours à peine, impossible de décrocher. Après 3 romans déjà lus de cet auteur, La Délicatesse que j’ai adoré, Nos Séparations que j’ai beaucoup moins aimé et Le Mystère Henry Pick qui m’a satisfaite mais sans plus – pour vous dire vrai j’ai préféré son adaptation au cinéma, chose assez rare venant de moi. C’est donc le quatrième roman de David Foenkinos que je lisais et là choc totale. On reconnaît bien la plume pétillante et souple de l’auteur mais il y a derrière ça quelque chose de méconnaissable, qui nous prend complètement au dépourvu. Des personnages dans une grande souffrance, perdu dans un monde dans lequel ils ne se reconnaissent pas. Brisés par un drame terrible, ils s’arrêtent d’avancer mais le monde autour d’eux continue sa course effrénée et eux à bout de force, tentent de se reconstruire, de s’accrocher à quelque chose de tout à fait singulier et apaisant, la beauté. Un roman sur l’art, la souffrance et comment la beauté a la merveilleuse capacité de guérir les blessures de l’âme. Des frissons.

    Chanson douce – Leila Slimani

    Myriam est la jeune mère de Mila et Adam mais sa vie de mère au foyer la détruit doucement et elle n’aspire qu’à une chose, retrouver une vie professionnelle pour son bien et celui de sa famille. Lorsque l’occasion se présente elle n’hésite pas une seconde mais une question se pose, comment faire avec les enfants ? Une nounou ? Pourquoi pas.

    Dés les premières lignes, ce roman glace le sang, prend aux tripes, coupe le souffle. La scène qui s’ouvre sous nos yeux est horrible, au delà de tout ce que l’on peut imaginer, la police est dans l’appartement d’un jeune couple, s’apprêtant à constater l’irréversible : le meurtre de deux enfants, par la nounou. L’autrice nous laisse avec cette information capitale qui va nous hanter tout le reste de la lecture pour faire un retour en arrière, à l’origine des choses, pour remonter le cour des évènements et comprendre ce qui a motivé cet acte abominable. Une histoire pétrifiante sur l’identité, le désespoir et la quête d’une vie, celle que l’on a fantasmée et qu’il est impossible d’obtenir ou encore comment un individu peut-il du jour au lendemain s’imposer dans une famille jusqu’à être indispensable, jusqu’à l’étouffement, jusqu’à commettre l’irréparable.

    L’élégance du hérisson – Muriel Barbery 

    Paloma, 11 ans, a prit une importante décision, le jour de son anniversaire, elle se suicidera. Tragique ? Pas de son point de vu. Pour la collégienne, il s’agit de la seule issue pour échapper à ce qu’elle appelle « le bocal à poisson », cependant d’ici le jour fatidique elle laisse une chance à la vie de lui montrer si elle vaut vraiment la peine d’être vécue en tenant un journal d’observation et de pensée lui permettant de voir pour quelles raisons pourrait-elle restée en vie. Pendant ce temps, Mme Michel, la concierge de l’immeuble bourgeois où vit Paloma, boit son thé en caressant Léon, son chat, une série TV en fond sonore. Banalité ? Pas vraiment, Mme Michel a un secret, une pièce à elle, remplie de trésors qu’elle garde précieusement et discrètement afin de ne pas révéler au grand jour sa véritable identité.

    Je suis tombée sur l’adaptation cinématographique en flânant sur Netflix, je me suis alors rappelée qu’il s’agissait à la base d’un roman et piquée par la curiosité je l’ai emprunté à la bibliothèque. Le livre se construit de façon double, d’une part le journal de bord ou plutôt « le journal des mouvements du monde et pensées philosophiques » de Paloma et d’autre part l’histoire de Renée, archétype de la concierge. Ce roman est un véritable appel au dépassement des normes sociales et des relations que l’on entretient les uns avec les autres. Peut-on échapper à son destin ou du moins à la vie que nos origines sociales nous imposent ? Peut-on se regarder, se parler en ôtant les barrières que nous bâtissons nous même, pour réussir à voir vraiment qui est celui ou celle qui vit tout près de nous et apprendre à s’aimer? Un roman plein de sens, profondément humain et touchant.

    La page blanche – Pénélope Bagieu et Boulet 

    Assise sur un banc Eloïse voit un bus passer, elle essaie alors de se rappeler ce à quoi elle était en train de songer mais rien ne vient. Elle regarde autour d’elle et rien ne lui semble familier. Elle saisit le sac posé à côté d’elle et en sort une carte d’identité, sur la photo c’est bien elle mais ce nom n’est pas le sien, du moins elle ne s’en rappelle pas. Imaginez, que votre vie soit remise à zéro, comme quand vous effacez le disque dur de votre appareil photo par erreur, que faire ? À qui s’adresser ? Faut-il tenter par tous les moyens de retrouver la mémoire, essayer de refaire le chemin bout par bout ou alors simplement tourner la page et en écrire une nouvelle ?

    Grande fan de Pénélope Bagieu, j’ai dévoré les deux tomes de « Culottés » que j’ai trouvé merveilleusement intelligents et engagés tout en étant très beaux visuellement en revanche le nom de Boulet ne me disait rien du tout et en cherchant des infos sur lui j’ai été assez surprise de voir que son univers est très différent de celui de Pénélope – oui je l’appelle par son prénom. Pourtant la connexion se fait parfaitement et les deux esprits créatifs donnent naissance à un projet tout à fait réussi. Les dessins sont fins et efficaces, l’intrigue très prenante et le fond plein de sens, sur la quête d’identité, l’envie d’être quelqu’un parmi les autres. À lire dans son lit une après midi pluvieuse ou allongée dans l’herbe dans un parc, d’une traite sans pause aucune.

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