Iphigénie, le glamour approximatif d’une clermontoise dans un bus pour Lyon et gaspacho (en hiver oui)

Il y a une semaine la taille de mes joues était proportionnelle à mon angoisse à l’idée de conduire une voiture. Non c’est non, je ne prendrai pas le volant, c’est mort, alors laissez moi tranquille. Ça vous fais rire hein.

J’étais dans l’impossibilité d’ingérer autre chose que du gaspacho et des smoothies (ah si j’ai fais la ouf, j’ai mangé une compote), ma haine était alors démesurée envers mes comparses qui mangeaient ce qu’ils voulaient (je n’ai jamais autant bavé devant des tartines grillées et même des pâtes au ketchup – les pâtes au ketchup, cette honte, infamie, diffamation auprès du peuple italien – pardon si je viens de démonter votre plat préféré – en fait non, je suis pas désolée, vous méritez le bûcher pour ça, ou tout autre forme de sacrifice genre un délire à la Iphigénie). Maintenant ça va, ça va même très bien. J’ai pu dévorer le morceau de saint nectaire que ma maman m’a ramené d’Auvergne, ainsi que les cookies du moulin du pivert qui est l’une des meilleures marques de gâteaux que j’ai pu manger jusqu’ici. Bref je vais arrêter de vous gonfler (comme mes joues il y a une semaine mdr – humour de merde) avec mes histoires de dents de sagesses et de repas liquides pour vous parler de choses milles fois plus intéressantes (non), à savoir, les anecdotes nulles d’une auvergnate expatriée dans la 2e grande métropole de France :

La dernière fois j’ai pris le bus pour rentrer de Clermont à Lyon, j’étais assise bien tranquillement contre la fenêtre en train de mettre en route ma playlist quand tout à coup : un jeune homme vraiment mais vraiment très très beau – genre Pierre Niney il peut aller se rhabiller – je viens de regarder sur google image pour bien me rendre compte et en fait non, Pierre reste Pierre. Pardon. Honte sur moi. – s’est arrêté à mon niveau et de sa voix grave et mélodieuse – j’exagère à peine pour donner l’impression que je vis dans une comédie romantique – m’a dit : « Excuse moi, je peux m’assoir ici ? » bien sûr j’ai dis oui et bien sûr j’ai passé le trajet à dormir la bouche grande ouverte – je suis le symbole du glamour, qu’on bâtisse une statue à mon effigie devant l’autel de Vénus.

Vous connaissez ce sentiment de frustration, quand il y a un truc que vous avez vraiment envie de réussir mais le karma, le destin, ou je ne sais pas quoi vous fait un gros fuck en mode « non mais non c’est mort, du moins pour l’instant » ? Et bien j’en fais l’expérience actuellement avec une des scènes que je prépare pour mes concours à savoir la douce et tendre Iphigénie. Je vous fais un topo rapide de l’histoire, Iphigénie est conduite sur le camp militaire de son daron dans le but de se faire sacrifier pour que la déesse Artémis fasse repartir la flotte d’Agamemnon afin qu’il puisse continuer de faire la guerre tranquille. Normal. Sauf que évidemment Iphi n’en sait rien et pense qu’elle va rejoindre son père pour qu’il la marie à Achille dont elle est très amoureuse, bien sûr l’issu de ce faux mariage va lui être révéler et je vous spoil pas la fin vous avez qu’à le lire. En bref, je suis totalement coincée dans les intentions du personnages et j’ai juste l’impression d’être une plante verte qui sert à que dalle et d’avoir rien à défendre, ce qui – soyons honnête – me fait chier, pardonnez ma vulgarité. Mais je me bats et je continue à bosser pour tisser un lien avec Iphi, en espérant qu’elle devienne ma pote (avant Février ça serait bien quand même)

Je vais bientôt entrer dans la divine période des partiels. Si vous avez suivi l’histoire, l’année dernière j’ai arrêté la fac pour me concentrer uniquement sur le théâtre et faire une pause vis à vis des notes, des copies, etc. D’un côté j’étais contente de reprendre les cours, mais d’un autre je dois dire que me taper des crises d’angoisses la veille de rendre une dissert parce que je m’y suis pas prise à l’avance, ça m’avait pas manqué – vive la procrastination. Je vous jure que au début j’étais pleine de bonne volonté, je travaillais assidument – enfin tout est relatif – et je visais la même moyenne que celle que j’avais au lycée mais j’ai légèrement modifié mes objectifs et maintenant c’est fais le minimum pour survivre et bosse tes concours. Heureusement qu’il y a l’allemand, l’atelier d’écriture et le grec pour me sauver la vie.

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Dernièrement j’ai traversé une période post traumatique – je ne sais pas si le terme est bien approprié mais au diable le lexique français, cela donne un côté tragique à ma situation – où plein de questions existentielles me sont passées par la tête, je vous passerai les détails, j’en suis pas à un niveau de confession élevé à ce point, et le soir avant de m’endormir je faisais la liste des choses chouettes qui font que je suis heureuse et que franchement même si je le fais trop souvent, je n’ai pas à me plaindre :

  1. Je suis heureuse dans ce que je fais au niveau des études, même si chaque jour je me demande si ça va fonctionner, si je vais pas me planter et avoir le cœur brisé, au moins je me dis que j’ai essayé, et que j’ai bossé pour et comme dit ma mère « au pire si le monde part vraiment en live et qu’il n’y a plus de place pour l’art, on pourra toujours planter des patates » et moi d’ajouter « Ouai et puis je passerai un CAP cuisine et on ouvrira un resto, y a toujours des gens qui mangeront au resto ». Léa et ses affirmations pleines de bon sens.
  1. J’ai une famille du feu de dieu, dont un petit neveu de 2 ans que j’aime à la folie. Anecdote : la dernière fois quand je lui ai dis au revoir, il a passé ses deux petits bras autour de mon cou en disant « Tatie » et là je sais pas comment vous expliquer, mais mon cœur, il a vibré, fondu, pleuré, rit, tout ce que vous voulez mais en tout cas, quand mon moral est l’équivalent de celui d’une huitre avant de se faire asperger de jus de citron (comparaison d’une pertinence toute relative), je pense à ce petit bout de chou et ça me donne toute l’énergie possible pour faire des analyses littéraires à 6h du matin, éplucher 2 kilos de légumes à 23h, m’engueuler avec Iphigénie, me lever à 7h pour aller en répétition alors que je n’ai dormi que 4h.
  1. Je cuisine beaucoup en ce moment, et c’est bien de manger des produits frais et bons au lieu de se taper les sandwichs de la fac entre le CM de littérature et le TD d’allemand. Enfin j’ai fais une pause culinaire ces derniers temps pour me consacrer à la création de soupe -butternut/patate douce, maïs – je suis une ouf – mais je me suis faite une promesse à moi même, promesse qui a été tenue (oh que oui elle a été tenue, j’en ai fais le serment, sur la tombe de Daniel Balavoine): dès que j’ai pu manger normalement, ça a été un allé simple pour les légumes d’hiver à la crème de parmesan, les sushis, la pizza savoyarde (sans lardons), la polenta aux champignons, le risotto au gorgonzola, les pennes au pesto rosso etc. Maintenant je me dis qu’il va falloir se calmer quand même.
  1. C’est bientôt Noël et ça c’est cool, les rues qui s’illuminent, le sapin dans le centre de la Part Dieu, les soirées disney chocolats chauds, le calendrier de l’Avent, ça me rend toute jouasse.
  1. J’ai fais du tri dans mes fringues, histoire d’en donner à des associations, et ça aussi ça me rend heureuse de me dire que des personnes vont pouvoir profiter à leur tour de vêtements qui m’ont été fort utile un temps passé mais que bon maintenant la marinière acheté sur un coup de tête, ça va bien, elle a fait son temps – oui je vais donner une marinière, allumons tous une bougie pour le salut de mon âme.

Alors même si je râle tout le temps, du moins même si j’en ai l’air, disons que ma forte auto-dérision entraîne à former une image clichée de l’auvergnate de mauvaise humeur si elle n’a pas son morceau de fromage quotidien, sachez que je suis réellement heureuse de ce que j’ai, que j’en ai conscience et que je suis aux anges le soir, quand je m’endors dans mes draps à pois roses, Michel Berger en fond musical ou dans mon canapé, enroulée dans un plaid serpentard, devant un disney.


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